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L’histoire du cheval oriental en Espagne remonte à 74 avant JC
quand les Maures, après l’invasion de l’Europe, s’installèrent
sur la péninsule ibérique et l’occupèrent pendant
presque 800 ans. Ils apportèrent avec eux de nombreux types de chevaux
orientaux, dont des arabes.
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La très populaire race andalouse fut la conséquence
principale du croisement de ces chevaux orientaux avec des races domestiques.
Aucune autre race ne pouvait rivaliser avec ces chevaux andalous. Même
le cheval arabe n’était pas populaire dans cette contrée,
et les chevaux pur-sang arabes étaient élevés en petits
nombres.
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La première mention officieuse de chevaux arabes en Espagne
apparaît en 1820 quand une partie du troupeau arabe royal fut transféré
de Cordoba en Aragon. Un intérêt plus marqué pour les
chevaux arabes, parmi les éleveurs andalous, est apparent vers le
milieu du 19e siècle, quand 12 étalons et 12 juments furent
importés du désert par le Duc Don Carlos. Ces chevaux
furent principalement utilisés pour améliorer les races domestiques.
Le premier volume du stud-book du cheval arabe en Espagne, qui inclut les
années 1847 à 1885, répertorie 28 étalons
et 10 juments importés du désert en 1850. Les juments
ramenées du désert ultérieurement sont aussi incluses.
Les chevaux restant (9) étaient originaires des Indes ou de France.
Le second volume répertorie principalement les chevaux importés
de France, un petit nombre importé des Indes, et les chevaux produits
en Espagne. Les volumes 3 à 10 répertorient uniquement les
étalons importés de France.
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L’élevage au sens propre de pur-sang arabes en Espagne commença
en 1906, quand des arabes furent d’abord importés
de Pologne.
(la Pologne était sous occupation russe
pendant cette période, 1772-1918, par conséquent les chevaux
exportés à l’étranger furent fréquemment enregistrés
dans les stud-books étrangers, y compris celui d’Espagne, comme
venant de Russie).
A cette époque, seuls 19 étalons et 12 juments
furent enregistrés dans le stud-book espagnol (Registro-Matricula
de Caballo de Pvra Sangre). Toutefois, dans les années qui suivirent,
on put assister à une extraordinaire augmentation du nombre de pur-sang
arabes.
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Les premiers chevaux importés de Pologne
furent acquis par une commission des haras militaires (Direccion de Cria
Cnballar y Remonta) :
9 étalons et 19 juments en 1908, et
5 étalons et 7 juments en 1912.
Ce qui fait un total de 20 étalons et 28 juments.
Ils furent tous enregistrés dans le stud-book espagnol en tant
que purs arabes.
La plupart de ces chevaux venaient des haras suivants :
Chrestowka au Prince Sanguszko,
Antoniny du Comte Potocki,
Uzi du Comte Branicki et
Sachnv à L.B. Abramowicz.
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Les meilleurs de ces chevaux, dont l’influence se fait encore sentir de
nos jours dans l’élevage espagnol, furent les étalons :
VAN DYCK, URSUS,
NOWIK et ORNIS,
ainsi que les juments
EUROPA, HELA,
WESTALKA, ELEGANTKA,
DOBRUCZA, KADRANKA ET DAMIETTA.
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Le plus populaire des étalons fut VAN DYCK
(VASCO DE GAMA x HELA), né en 1898 et importé
en 1908. Cet étalon devint une « Légende
Vivante » dans son nouveau pays. Cent quarante de ses fils
furent utilisés dans le programme d’élevage des pur-sang.
Il n’y a plus aucun cheval descendant directement de cette lignée
mâle en Espagne aujourd’hui, mais son nom se retrouve souvent dans
les pedigrees de la plupart des arabes espagnols actuels à travers
leurs lignées maternelles.
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VAN DYCK (VASCO DE GAMA x HELA)
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L’étalon NOWIK (SULTAN x JANTARKA),
né en 1904, fut également acheté par le Haras d’Etat
en 1908. Peu de temps après son importation en Espagne, il fut acheté
par le Marquis Domec pour le prix record à l’époque
de 75 000 pesetas. Cependant, la majorité de sa progéniture
fut perdue dans les années 1930, pendant la Guerre Civile d’Espagne,
et on ne le trouve dans les pedigrees actuels qu’à travers les lignées
maternelles. Un important groupe de chevaux avec le sang de NOWIK,
ainsi que d’autres étalons polonais, fut importé aux Etats-Unis,
en 1934, par J. Draper de Californie.
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En 1912, les étalons ORNIS et URSUS
furent importés de Pologne. ORNIS,
né en 1909 à Antoniny, était par IBRAHIM
d.b. et par SIKORA (TYBET x JASKOLKA). Il fut par conséquent
un ¾ frère du fameux SKOWRONEK.
ORNIS et son fils SOLIMAN
furent largement utilisés au haras mais ne laissèrent aucune
descendance mâle directe.
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L’acquisition la plus précieuse pour l’élevage espagnol se
révéla être URSUS (DAGMAN
AMIR x HAGAR). Il était né en 1908 au haras
du Comte Branicki. En premier lieu, l’offre d’achat de l’étalon
par les représentants de l’armée espagnole fut refusée.
L’acquisition ne fut seulement effective qu’après de très
longues négociations et avec l’aide de l’ambassadeur d’Angleterre
qui était un proche ami du Comte Branicki. Le prix d’achat
de 60 000 pesetas était si important qu’un membre du parlement espagnol
interpella le Ministre de la Défense sur le bien fondé d’une
somme si conséquente pour un cheval. Le ministre, qui n’était
pas informé de l’achat, ne sut pas comment répondre à
la question. Cela fut la cause d’un tel scandale que le Ministre de la
Défense ainsi que son cabinet démissionna, ce qui, à
son tour, causa la chute du gouvernement.
L’avenir démontra qu’URSUS
valait effectivement tous ces bouleversements et il devint le fondateur
de la lignée mâle la plus recherchée et la plus précieuse
de l’élevage arabe espagnol.
URSUS fut intensément utilisé
au haras gouvernemental et, ensuite, dans le fameux haras de Don Jose
Maria Ybarra. Il engendra de nombreux produits de grande valeur. Présenté
à l’âge de 24 ans à l’occasion d’un show spécial
au haras, il ressembla et se comporta comme un trois ans, flottant quasiment
au-dessus du sol avec la tête et la queue portées haut. Dix
de ses fils furent utilisés dans l’élevage des pur-sang.
Les deux meilleurs, SIRIO III et GANDY,
furent les fondateurs de puissantes lignées mâles présentes
à ce jour. Beaucoup des petits-fils et arrière-petits-fils
d’URSUS furent exportés d’Espagne
et utilisés pour l’élevage aux Etats-Unis, Mexique, Pays-Bas,
France, Suisse, Allemagne et Argentine.
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Le groupe suivant de chevaux arabes ayant du sang
polonais fut acheté pour l’Espagne par le Duc de Veragua
auprès de Lady Wentworth en 1930. Cinq filles et une arrière-petite-fille
du fameux SKOWRONEK furent importées
à cette époque. Ces juments engendrèrent de nombreuses
filles dont les descendants se retrouvent dans les haras espagnols aujourd’hui.
En 1969, l’étalon CRANHLEIGH KARIN
fut également importé d’Angleterre. Il est le fils de l’étalon
polonais GROJEC par COMET et GASTRONOMIA.
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En 1975, un groupe de juments issues d’AQUINOR
et de NEGATIW, ainsi qu’un étalon pur-sang polonais,
IBN SAUD par SAUDI (DARDIR x SAKE)
et SCHEHEREZADE (EXCELSJOR x LALAGE par GERWAZY
et LAFIRYNDA) furent importés d’Allemagne de l’Ouest.
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Des étalons polonais furent aussi les instruments de la naissance
de deux lignées mâles très renommées que l’on
trouve actuellement. Une fille de VAN DYCK,
VARSOVIA, saillie par l’étalon
SCANDERICH, qui fut importé de Turquie, engendra l’excellent
étalon ECO.
ECO fut le père de nombreux
bons chevaux. Le meilleur fut BARQUILLO,
qui par l’étalon ORIVE, son fils GARBO et son petit-fils
BAASIL, perpétue aujourd’hui la lignée.
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ILUSTRE, également par SCANDERICH,
et une fille de VAN DYCK, DYCKA,
engendra l’extraordinaire étalon CONGO par TRIANIA, une fille
d’URSUS.
CONGO fut le père de ZANCUDO
et TABAL, et le grand-père de GALERO, JAGUAY, JACIO
et KADI. Il fut aussi le grand-père d’AN MALIK. L’étalon
apprécié que fut RAZADA perpétua sa lignée
mâle au travers de seulement 3 fils, avec des filles du fameux
polonais SKOWRONEK. Tous ces étalons sont des reproducteurs
renommés dans les haras d’Europe et des Etats-Unis.
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Les chevaux issus de l’élevage polonais
eurent une forte influence en Espagne dès le début
de l’élevage des pur-sang arabes dans ce pays. De 1912 à
1913, les chevaux ayant des ascendants polonais
à la première ou seconde génération constituaient
40 à 60 % du nombre total de chevaux arabes. Le pourcentage
aurait pu même être plus important s’il n’y avait pas eu les
pertes déplorées pendant la Guerre Civile d’Espagne. Beaucoup
de chevaux de descendance polonaise furent dispersés
à la suite de la liquidation du fameux élevage appartenant
au Duc de Veragua, dernier descendant direct de Christophe Colomb,
qui fut exécuté après la Guerre Civile d’Espagne.
Quelques juments furent retrouvées plus tard et répertoriées
dans le stud-book en se basant sur leurs marques, mais leurs pedigrees
avaient été détruits.
L’intérêt des chevaux arabes d’Espagne réside dans
leur essor dans le monde entier en raison de leurs succès en shows
en Europe et en Amérique.
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